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monocle
à manche en argent
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L’ancêtre en cuir du pince-nez
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Les modèles suivis de * sont issus de:
« © collection ESSILOR-Pierre Marly, Musée de la lunette-Morez »
et figurent ici grâce à leur aimable autorisation.
monture en argent à verres bleu
monture argent à branches pliantes
époque de la Révolution
faces-à-main
lunettes à tempes
binocles à ciseaux
Lancetier à manche
Lancetier en argent
monocle
à manche en acier
monocle en écaille
monocle en or
Pince-nez de presbyte
3 Pince-nez à ressort,
avec cercles en écaille de tortue
Pince-nez à verres minéraux percés
2 pince-nez en métal avec plaquettes

         Nombreux furent les systèmes plus ou moins ingénieux qui permirent d'y voir un peu plus clair autour de soi! 
       Mais il serait faux de croire que chacun de ces systèmes a éliminé et remplacé le précédent.
       C'est pourquoi il n'existe pas de chronologie rigoureuse et définitive dans la succession des différentes aides visuelles. Au 18è siècle, le monocle à manche et le binocle faisaient bon ménage, et vers la fin du 19è siècle on pouvait s'équiper selon son goût d'un face-à-main, d'un monocle, d'un pince-nez ou d'une paire de lunettes. On trouve encore aujourd'hui, dans les rues de Pékin, des porteurs de lunettes, avec des verres en cristal de roche, fabriquées dans la seconde moitié du 19è.

   Riche de son histoire, le pince-nez, le monocle, le face-à-main ou la paire de lunettes, ont une place de choix dans le milieu de la collection. 
  Un bon opticien pourra encore équiper un pince-nez ou un face à main de verres plats.

Conseils:       -vérifiez les poinçons d'un face-à-main ou d'un pince-nez ils peuvent être en or.
-les faces-à-main, ou montures en écaille de tortue devront être badigeonnés d'huile de paraffine pour conserver leur transparence,
et éviter que la matière ne se craquelle en séchant.
        Le monocle devint binocle ou lunettes à ciseaux: les deux verres étaient réunis par deux bras mobiles. Le binocle pouvait se replier sur lui même, mais il avait pour inconvénient majeur de ne laisser qu'une main libre. L'époque voulut qu'on les baptisa "binocle d'incroyables". Comme plus tard les face-à-main, beaucoup d'entre eux disposaient d'un système automatique d'ouverture.

                Puis vint le face-à-main, inventé par l'opticien Anglais Georges ADAM en 1780; adopté par tous il devint très vite populaire. La monture comme le manche, se prêtèrent à tous les caprices artistiques des orfèvres, et ils devinrent très vite objets de parure, plus qu'aide visuelle. L'inconvénient de devoir le tenir en main subsistait, aussi furent-ils équipés d'un anneau et d'un chainette que l'on passait autour du cou. L'ouverture automatique se faisait par pression sur un bouton qui libérait un ressort, ou par un petit anneau qui coulissait le long du manche.
                Toute une gamme de fabrication de pince-nez, naquit au cours du XIXè siècle, en acier en argent, en or, en corne, en ivoire, avec des systèmes différents d'accroche, à ressort, à boucle, à spirale. Un mélange de corne et de métal, est souvent du plus bel effet.
                S'ils firent les beaux jours des comédiens, Louis Jouvet, Pierre Larquey, Pierre Fresnay, Jeanne Fusier Gir, Pauline Carton... s'ils étaient d'excellents faire-valoir, ces pince-nez étaient aussi très inconfortables, et avaient le défaut de faire nasiller la voix à cause du pincement des narines. Pour adoucir le contact, des petites plaquettes de corne ou d'ivoire facilitaient l'appui sur le nez. Pour éviter la chute du précieux appareil, les hommes les attachèrent par de fortes gourmettes à un bouton du gilet, et les femmes agrémentèrent la chainette d'une broche portée sur un revers, voire attachée au chapeau.
                Les opticiens et orfèvres se surpassèrent pour créer une foule de modèles plus ingénieux les uns que les autres.

                Les lunettes comme nous les connaissons aujourd'hui datent du début du XVllè siècle. Partant des binocles d'origine, un astucieux bricoleur ajouta de chaque coté des branches rigides toutes droites, très courtes car elles se glissaient entre la tempe et la perruque.
Lorsque celle-ci disparut, les branches rallongèrent, car elles durent aller chercher un appui sur les oreilles puis ensuite les crocheter, afin d obtenir un meilleur maintien.
                C'est vers 1850 qu'apparurent les lunettes de type moderne auxquelles nous sommes habitués aujourd'hui. Avec ou sans monture elles se comptent aujourd'hui par milliers de modèles différents. La France tient une part, mondialement tout à fait prépondérante dans la fabrication des montures et plus encore dans la technologie avancée de la fabrication des verres.

                Les lunettes sont maintenant fabriquées partout dans le monde, la plus grosse production se fait dans le nord de l'Italie, mais dans une petite vallée du Jura, berceau de la lunetterie mondiale, il se fabrique actuellement plus de 10.000 montures par jour.

                      La vue est un élément essentiel qui accompagne chaque instant de la
                vie de l'homme, l'œil en est l'organe de perception, il doit transmettre au cerveau  
            des données fiables pour qu'elles soient analysées et justement comprises.
                 Mais cet œil, faut-il qu'il soit bon, faut-il qu'il voit juste…
                Ca n'est évidemment pas pour satisfaire au plaisir de la chasse, de la lecture ou de la conduite que les lunettes ont été créées, mais avouez que sans elles, beaucoup d'entre nous auraient du mal à vivre leurs passions.

                La technique des aides visuelles, qui est maintenant bien rodée, est l'aboutissement d'une évolution passée par les bésicles, pince-nez et autres faces-à-main, et s'ils sont devenus objets de collection, ils ont une longue histoire. 
                - Et cette histoire remonte très loin, puisque dans l'antiquité on cite Néron qui regardait les combats dans l'arène à travers une grosse émeraude. Doit-on en conclure qu'il était myope ? peut être craignait il le soleil ?
                 - Les chinois il y a 2000 .ans portaient des lunettes destinées à attirer sur eux les pouvoirs des bons esprits, et nullement pour améliorer leur vision.
                - Si de nombreux tableaux représentent les apôtres ou autres personnages historiques ou bibliques portant lunettes, c'est uniquement une fantaisie du peintre qui aura voulu les replacer dans le contexte coutumier de son époque.

                Les premières aides visuelles (s'agissait-il bien de lunettes?) datent du treizième siècle.       Elles portaient le nom de bésicles à rivets, tout simplement parce qu'elles étaient fabriquées de deux cercles en bois, en cuir ou en corne, liés l'un à l'autre par un gros rivet. L'inventeur serait un certain Salvino dei ARMATI, si l'on en croit les textes gravés sur sa pierre tombale à Florence.
                Nos bésicles à rivets, traversèrent donc allègrement le Moyen-âge. L'acier, l'argent et même l'or remplacèrent la corne, et c'est entre les XVè et XVlè siècles que se fabriquèrent les premières bésicles à cintres, sensiblement de même forme que les précédents, ils avaient une relative élasticité, et tenaient tout seuls sur le nez qu'ils pinçaient avec vigueur. Pour garder les mains libres, et éviter un douloureux blocage sur le nez, quelques bricoleurs les équipèrent d'un large ruban de toile enserrant la tête, d'autres accrochèrent un fil tressé qui allait crocheter les oreilles, et maintenait le tout bien en place.
                Si on reconnaissait aux lunettes leur utilité: elles dénotaient une érudition, et prouvaient qu'on savait lire, on ne les appréciait pas pour autant, car elles affichaient le vieillissement de leur propriétaire: chacun connaît le dicton:
                "bonjour lunettes, adieu fillettes"
                Quant au monocle, il apparait sur un portrait du Pape Léon X en 1517. Sur le tableau, on peut constater d'évidence, que le verre du monocle est concave, et l'on savait Léon X myope. Le monocle était à l'origine, une lentille de verre enserrée de corne ou de métal, montée sur un long manche de bois, puis sur un manche plus court, avec un anneau dans lequel on engageait un doigt. Le lancetier est un monocle à manche, sous Louis XV
      Au début du XVlllè siècle le baron Allemand Von Stosch fut le premier à utiliser œ qu'on appelle maintenant le monocle, c'est-à-dire ce verre (cerclé ou non), directement fiché dans l'orbite du porteur, et que l'acteur Erik Von Stroheim utilisa avec tant de talent.

    La petite histoire... 
                     ...des lunettes